Sur les deux rives du golfe arabo-persique, les gens retiennent leur souffle. En effet, début janvier, Donald Trump avait menacé les autorités iraniennes d’une intervention militaire si la répression sanglante des mollahs se poursuivait.
Or c’est le cas. Depuis décembre, plus de 42000 personnes ont été arrêtées et environ 7000 autres tuées. Fin janvier, le chef politico-religieux iranien, l’ayatollah Khameneï a, de son côté, promis de répondre à tout éventuel coup de force américain par une guerre régionale en guise de représailles.
Le président américain déclenchera-t-il la guerre?
Depuis le milieu des années 2010, les États-Unis se rendent bien compte que leur véritable concurrent à l’échelle mondiale est désormais la Chine. Pour eux, c’est une menace émergente. Ils veulent y consacrer l’essentiel de leurs efforts diplomatiques, économiques et militaires. Or un bon stratège évite de combattre sur deux fronts à la fois. Déclencher une guerre avec l’Iran risquerait de mobiliser une partie des ressources militaires américaines au Moyen-Orient.
De plus, D. Trump ne cache pas son intention d’obtenir le prix Nobel de la paix: commencer une guerre n’est pas un bon argument pour l’obtenir.
Sur le plan économique, une guerre dans la région bouleverserait le commerce mondial, notamment celui lié au pétrole, et représenterait un coup sérieux pour les équilibres des pays du Golfe, alliés aux Américains.
Enfin, de nombreux militaires américains sont stationnés dans le Golfe: au Qatar, au Bahreïn, au Koweït et en Irak. Plus de 40 000. Une riposte iranienne mettrait leur vie en danger.
Pression maximale pour obtenir un deal1
Alors, que pourrait bien chercher à obtenir le président Trump? C’est l’intérêt de ce président: malgré ses allures de cow-boy et un langage de charretier en public, il est transparent. Il cache rarement ses intentions. Concernant l’Iran, il a toujours été clair. Il veut un accord qui empêcherait définitivement l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.
Or, en homme d’affaires redoutable, D. Trump sait que, pour obtenir un deal selon ses conditions, il faut mettre la pression sur son adversaire. Et c’est peut-être ce à quoi nous assistons:
menace d’intervention militaire sous prétexte de sauver la population iranienne;
massification de navires de guerre dans la région (plus de 10 navires dont un porte-avions);
sanctions économiques renforcées sur l’Iran;
l’inscription, par l’Union européenne, des «Gardiens de la révolution» sur la liste des entités terroristes, le 29 janvier.
En attendant, pour convaincre Washington et Téhéran de conclure un accord sur le nucléaire, les réseaux diplomatiques s’agitent, le Qatar en tête. Ce petit pays pourrait être celui qui aurait le plus à perdre d’une dégradation de la situation. Son économie repose beaucoup sur les bonnes relations qu’il entretient avec l’Iran pour exploiter le champ gazier de North Field qu’ils partagent tous deux.
Le savais-tu?
Les Gardiens de la révolution sont une armée d’élite de plus de 150000 membres dont la mission est de protéger l’héritage de la révolution islamique de 1979. Ses membres sont politisés et très violents.
Actuailes n°202 - 11 février 2026
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